
Le bleu est resté dans le sol, les parties ont pris la suite
On teignait ici les draps au pastel : quatre cuves de brique, un sol taché d'indigo qu'aucun ponçage n'a jamais eu. La maison sert désormais à dîner et à jouer aux cartes, sans mise et sans gain, dans la même lumière bleue.

Une teinturerie de pastel, rendue au soir
Le pastel a fait vivre ce quartier pendant deux siècles, puis l'indigo venu de loin a tout arrêté. La maison de la rue Timbal a servi ensuite d'imprimerie, puis de rien.
Nous avons vidé deux cuves, laissé les deux autres en place et refusé de reprendre le sol : les taches bleues racontent le métier mieux qu'un cadre au mur.
Trente-six couverts devant, sept tapis derrière, une équipe de cinq personnes. L'entrée est ouverte aux adultes uniquement, salle à manger comprise.

Sept tapis
Feutre bleu changé deux fois par an, jetons prêtés par la maison.
Deux cuves
Conservées entières, dont une devenue banquette.
Trente-six couverts
Un seul service, du jeudi au lundi.
La brique, le bleu et les tables






Sept tapis dans l'ancienne sécherie
La sécherie occupait tout l'étage bas : voûtes de brique, aucune fenêtre côté rue, une hauteur qui absorbe le bruit. Les tables y sont disposées en deux rangs.
Les rondelles teintes que l'on pousse sur le feutre servent à compter les levées, rien de plus. La maison les prête, la maison les récupère, et hors de la sécherie elles ne pèsent pas un centime : on ne les achète pas, on ne les revend pas, on ne les troque contre rien.
Vous ne trouverez ici aucun appareil à jetons : la seule mécanique du bâtiment est un treuil de cuve, et il ne porte plus qu'une lampe. Rien ne s'encaisse au titre du jeu — on règle des assiettes et des verres, un point c'est tout.

Quatre tapis en libre accès
On s'installe au fur et à mesure, sans liste d'attente.
Trois tapis bloqués d'avance
Au téléphone, six joueurs par table grand maximum.
Table d'essai
Le jeudi, pour qui n'a jamais tenu un jeu, sans un centime à verser.
Rue Timbal, derrière le marché couvert
L'adresse
18 rue Timbal, 81000 Albi
Le téléphone
+33 5 63 38 24 71 · bonsoir@jeutarno.com
Les soirs d'ouverture
Du jeudi au lundi, 17h30 – 00h00
Cinq soirées, du jeudi au lundi
Ce que nous demandons à chacun
Le bâtiment entier est fermé aux mineurs, y compris pour une assiette et un verre d'eau.
Le comptoir peut réclamer une pièce d'identité sur le pas de la porte comme au bord d'un tapis.
Les rondelles teintes appartiennent au lieu : elles comptent les levées et ne pèsent rien une fois dehors.
Pas un billet ne change de poche entre deux joueurs, sous quelque prétexte que ce soit.
Aucun appareil à jetons n'a sa place sous ces voûtes : ni maintenant, ni après les prochains travaux.
Le verre suivant ne part pas quand la fatigue se lit sur un visage, et cela ne se discute pas.
Six réponses avant de venir
- Puis-je jouer depuis ce site, le soir, chez moi ?
- Il n'y a rien à installer, rien à créer, aucune salle virtuelle derrière ces pages. La maison est une adresse de brique, rue Timbal, et les cartes n'en sortent jamais.
- Que représentent ces rondelles teintes ?
- Les levées d'une soirée, et strictement cela. On ne les achète pas, on ne les revend pas, elles regagnent leur coquille à la fermeture : rien de misé, rien d'empoché.
- Avez-vous des machines à sous ?
- Pas une. La seule chose mécanique du bâtiment est un treuil de cuve accroché au plafond.
- La réservation est-elle obligatoire ?
- Pour dîner du vendredi au dimanche, c'est plus prudent. Pour les quatre tapis en libre accès, non : on arrive, on cherche une chaise vide, on s'assoit.
- Je ne sais jouer à rien.
- Le jeudi, six personnes apprennent en une heure autour de la table d'essai. Rien à verser, aucun niveau exigé, et personne ne commente votre jeu.
- Les enfants peuvent-ils dîner avec nous ?
- Jamais : la salle à manger tombe sous la même règle que la sécherie du fond.
Le Tarn dans l'assiette, Gaillac dans le verre
Le porc noir arrive entier une fois par semaine et se travaille jusqu'au bout ; l'ail rose vient de la plaine voisine, les fromages de brebis des causses.
Le gâteau au chocolat n'a jamais quitté l'ardoise : la recette vient de la grand-mère du chef et les habitués interdisent qu'on y touche.
La cave ne sort pas du département : mauzac, len de l'el, braucol et duras, servis au verre pour qu'on puisse goûter quatre choses en une soirée.

Porc noir
Une bête par semaine, du filet au boudin.
Ail rose
De la plaine, tressé, présent presque toute l'année.
Gaillac au verre
Douze références, blanches, rouges et perlées.
Ce que chaque saison change ici
Une teinturerie travaillait par bains successifs, jamais deux fois pareil. La maison a gardé cette façon de compter : chaque saison rebat la carte, la lumière et l'heure à laquelle les tables se remplissent.
Une place devant, un tapis derrière
Le fil du téléphone se décroche à partir de 15h30 : annoncez le nombre de couverts, l'heure, et si vous visez la salle à manger, la sécherie du fond, ou les deux à la suite.