Du pastel aux cartes, rue Timbal
Deux cuves, un sol bleu et beaucoup de brique : voilà ce que la maison nous a laissé, et ce que nous avons refusé de recouvrir.
Ce que nous avons gardé, et pourquoi
Le premier devis prévoyait de couler une chape sur le sol taché. Nous l'avons refusé : ces bleus sont la seule chose que le pastel nous ait laissée.
Les cuves servaient à faire virer le vert au bleu à l'air libre. Deux sont restées telles quelles, une troisième est devenue banquette.
L'étage bas, où séchaient les draps, accueille le salon de cartes : aucune fenêtre sur la rue, une acoustique qui avale les voix.

Cinq personnes
L'équipe complète, cuisine comprise.
Trente-six couverts
Un service, cinq soirs par semaine.
Sept tapis
Le salon, avec ses horaires propres.
Quatre teintes que nous ne changeons pas
Une partie se joue pour le plaisir : rien à miser, rien à empocher, aucune ardoise à solder entre joueurs.
Le produit sort du département quand c'est possible, de la région quand ça ne l'est pas, de nulle part ailleurs.
Personne ne reste assis à une table où il ne se sent pas à sa place : il suffit de le dire au comptoir.
Personne ne reprend le volant sans qu'un taxi lui ait été proposé au moins une fois.